Viva l'opéra ! dans les cinémas UGC

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Alain Duault

Viva l'Opéra !

"Viva l’Opéra !, saison 9 "

Chaque année, la composition de la nouvelle saison est une entreprise passionnante, complexe, de longue haleine, mais au bout du compte heureuse – surtout si elle rencontre le goût du public, vous, dont la fidélité m’oblige. C’est un peu comme doit être pour un cuisinier l’élaboration d’un plat de fête : il y faut d’abord une idée globale, puis la recherche des ingrédients à marier, à agencer selon des rythmes internes qui ne sont pas une science exacte mais qu’on doit éprouver, la nécessité d’éclairer aussi les uns par les autres – avant de servir, c’est-à-dire d’offrir pour en partager les émotions. Cette saison, je voulais donner une nervure italienne, mais avec différentes italianités : Verdi est l’image même de la grande tradition lyrique italienne, il sera donc présent à quatre reprises, avec des oeuvres très jouées, très connues, qu’on a plaisir à retrouver, La Traviata ou Nabucco, mais aussi avec des oeuvres de maturité qu’on entend moins souvent, Otello ou Simon Boccanegra. Mais avant Verdi, il y a Bellini : là encore, nous retrouverons un opéra fort connu, Norma, et en découvrirons un moins entendu, I Capuleti e i Montecchi. Et après Verdi, il y a Puccini : nous retrouverons un ouvrage que nous n’avons pas entendu depuis longtemps dans Viva l’Opéra !, ce chef-d’oeuvre absolu qu’est Madama Butterfly. Mais pour accompagner cette colonne vertébrale italienne, il nous faut de l’opéra français : si Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ou Carmen de Bizet ne seront pas des découvertes, Les Huguenots de Meyerbeer le seront sûrement. Et comment oublier l’opéra russe : à une retrouvaille, Eugène Onéguine de Tchaïkovski, succèdera une découverte pour beaucoup, Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch – avec deux très grands ballets russes, Le Lac des cygnes de Tchaïkovski et la Cendrillon de Prokofiev qui leurs serviront de contrepoints. Pour rester dans l’univers slave, la Jenůfa de Janáček sera sans doute pour beaucoup une découverte, tant l’opéra tchèque demeure encore trop méconnu en France. Enfin Mozart, sans lequel une saison ne serait pas complète, sera présent avec deux incontestables chefs-d’oeuvre, La Flûte enchantée et Don Giovanni. Sans oublier un hommage au grand chorégraphe américain Jerome Robbins. Mais tout cela, c’est le dessin, c’est le squelette : les couleurs, la chair, les épices viendront avec les artistes qui vont porter ces oeuvres et les rendre vivantes : de Diana Damrau à Ermonela Jaho, de Sonya Yoncheva à Elīna Garanča, de Kristine Opolais à Maria Agresta ou Joyce DiDonato, beaucoup d’autres, les plus grandes voix féminines monteront dans ce manège ; mais les hommes ne seront pas en reste, de Roberto Alagna à Jonas Kaufmann ou de Vittorio Grigolo à Joseph Calleja ou Benjamin Bernheim mais aussi de Florian Sempey ou José van Dam à Ludovic Tézier ou Thomas Hampson, tant d’autres… Et les présentations scéniques, souvent matière à discussions animées à l’entracte, seront très éclectiques, certaines très classiques, d’autres plus audacieuses, toutes respectueuses des oeuvres et décidées à les mettre en valeur. Notre grand partenaire, l’Opéra de Paris, nous ouvrira à nouveau ses portes pour que nous retransmettions cette saison six de ses productions en direct, quatre opéras et deux ballets : il est donc temps que je passe la parole, la plume, à son directeur Stéphane Lissner. Et plus que jamais en cette neuvième saison, grâce à toutes ces salles de cinéma qui semblent souvent plus accessibles que les salles d’opéra au large public qui nous fait confiance, nous pouvons tous ensemble nous réjouir que Viva l’Opéra !



Alain Duault
France 3, Radio Classique, Opera online
Directeur artistique de Viva l’opéra !