JENŮFA

JENŮFA

Leoš Janáček


DEUTSCHE OPER BERLIN

Les drames familiaux sont souvent les plus aff reux. Pourtant, derrière un argument inspiré d’un fait divers réel qui choqua les sensibilités à l’époque, Jenůfa est un de ces chefs-d’oeuvre qui s’imposent avec une vérité criante. Mais il faut, pour en exprimer toutes les dimensions, restituer cette atmosphère irrespirable, cette hystérie brutale par exemple qui s’empare de la terrible Kostelnicka pendant sa scène d’hallucinations après qu’elle ait noyé l’enfant de sa belle-fi lle Jenůfa. Tout est toujours en tension, car l’oeuvre de Janáček est à la fois secouée d’une horreur tragique et traversée de graves thèmes spirituels, ceux du remords obsédant, de la damnation, de l’expiation et de l’amour tout à la fois destructeur et rédempteur. On ne peut ici qu’être bouleversé par ce drame incandescent, par cette musique où les choeurs et danses folkloriques viennent percuter, élargir les déchirures qui saccagent les coeurs de ces êtres soumis au pathétique de leurs situations, par cette détresse extrême qui laboure corps et âmes et les poussent à l’extrême. Car si le drame est aff reux, l’opéra, chauff é à blanc par le feu des passions, est somptueux. Et cette production, épurée, nue, de Christof Loy tend encore plus l’arc impitoyable du drame.

INTRIGUE
Dans un petit village de Moravie au XIXe siècle, les pressions sociales et familiales sont fortes, en particulier au sein du moulin régi par Števa, séducteur eff réné dont la belle Jenůfa est enceinte. Mais cette dernière est secrètement aimée de Laca qui, par dépit, la blesse au visage et la défi gure. La Sacristine, belle-mère de Jenůfa, qui exerce sur le village son puissant ascendant moral, ne parvient pas à convaincre Števa d’épouser Jenůfa, désormais laide à ses yeux. Seule solution pour la Sacristine, pour « sauver » sa belle-fi lle et repousser l’opprobre villageois, tuer en secret l’enfant que Jenůfa a eu de Števa, faire croire à Jenůfa qu’elle a perdu le bébé au terme d’une agonie terrible, puis la marier à Laca, toujours épris d’elle. L’infanticide commis par la Sacristine et ses conséquences aboutiront bel et bien au mariage de Laca et de Jenůfa, mais la toute puissante belle-mère sera rattrapée par son meurtre, qu’elle confessera publiquement. Y voyant un geste d’amour, la lumineuse Jenůfa pardonnera à sa belle-mère et s’engagera, pleine de confi ance, dans sa nouvelle vie avec Laca.

REPRÉSENTATION À 19H30 PRÉCISES.
OUVERTURE DES PORTES À 18H45, FERMETURE DES PORTES À 19H15.


DURÉE DU SPECTACLE

2h40 dont 1 entracte de 20 min