JENŮFA

JENŮFA

Leoš Janáček


LA MONNAIE DE MUNT

“ Un drame déchirant de beauté ”

Après Rusalka de Dvořák, qui date de 1901, je vous propose Jenůfa, de Janáček, créé trois ans plus tard, en 1904 : ce sont les deux plus grands chefs-d’œuvre de l’opéra tchèque. Kafka écrit à propos de Jenůfa : « Le livret en est de la musique. Texte et musique, ensemble, apportent vraiment l’essentiel ». C’est que, derrière un argument qui semble relever de l’esthétique vériste, l’œuvre de Janáček est traversée de graves thèmes spirituels, ceux du remords obsédant, de la damnation, de l’expiation et de l’amour tout à la fois destructeur et rédempteur. Inspiré d’un fait divers qui choqua les sensibilités à l’époque (le meurtre d’un enfant dans le cadre d’un terrible drame paysan), Jenůfa est une de ces œuvres qui s’imposent avec une vérité criante. Mais il faut, pour en exprimer toutes les dimensions, restituer cette atmosphère irrespirable, cette hystérie même qui s’empare de la terrible Kostelnicka pendant sa scène d’hallucinations après qu’elle a noyé l’enfant de sa belle fille. Vous allez être bouleversé par ce drame incandescent, par cette musique où les chœurs et danses folkloriques viennent élargir les déchirures qui saccagent ces êtres soumis au pathétique de leurs situations, par cette détresse extrême qui laboure corps et âmes et les poussent à l’extrême. Car si le drame est affreux, l’opéra, chauffé à blanc par le feu des passions, est somptueux. Et cette production signée Alvis Hermanis, exceptionnelle de beauté visuelle aux 1er et 3e actes et de vérité cruelle au 2e, permet d’entrer dans l’univers de Jenůfa à la fois dans l’éblouissement et dans la lucidité amère sur cette société déchirée.



REPRÉSENTATION À 19H30 PRÉCISES.
OUVERTURE DES PORTES À 18H45, FERMETURE DES PORTES À 19H15.


DURÉE DU SPECTACLE

2h35 dont 1 entracte de 20 min